La peinture naturelle dite « suédoise » : la recette est ici !

Bonjour,
Un résumé de la recette est tout en bas, car je suis un peu bavard parfois …

J’ai trouvé cette recette en cherchant comment repeindre une ruche sans les incommoder avec des produits industriels plein de cochonneries, et je suis tombé sur cette recette que j’ai pu expérimenter dans le cadre de l’atelier des bâtisseurs d’Alternativelaux. Les bacs de jardinage de l’école Jean Jaurès sont peints de cette façon. Cela s’appelle de la peinture « naturelle » ou « suédoise ».

Pour commencer, il faut vous procurer les ingrédients …. De la farine, de l’eau, mais aussi (et ça se complique) de la terre d’ocre, du sulfate de fer, de l’huile de lin et du savon liquide.

Je ne suis pas là pour faire de la pub, mais à Apt, il y a un fournisseur historique qui peut tout fournir, sur place ou par internet : http://www.ocreschauvin.fr/ C’est Madame qui tient la boutique et elle connaît tout des recettes, composants …

Une balance de cuisine n’est pas inutile, et il faut trouver un pot de cuisson. Tout est envisageable, mais pour ma part je me suis procuré grâce à un collègue de l’association des pots de peinture vides. Merci à lui !

J’ai pas donné les quantités ? 175 gr de farine (pas bio, vous n’allez pas la manger hein …), 250 ml d’eau dans un premier temps puis 1,75 litre, 500 grammes de terre d’ocre pure, 50 gr de sulfate de fer, 250 ml d’huile de lin, et 2,5 cl de savon liquide, soit un « trait » (comme le trait d’huile dans la poêle avant de faire cuire les gambas).

Allez trêve de bavardages, action ! On commence par mélanger la farine avec les 250 ml d’eau à froid, car sinon ça fait des vilains grumeaux au fond du pot et c’est dur à récupérer. Hé oui mon ami cuisinier du dimanche, un pot de peinture c’est pas comme la super cocotte à triple fond que tu utilises d’habitude vois tu ! Ça attache très vite…

Tu mets le feu tranquillou, et sans attendre trop que ça soit chaud, tu ajoutes de l’eau progressivement. Tu fais monter jusqu’à la limite de l’ébullition, mais c’est pas encore nécessaire que ça bouillonne. Note bien mon/ma gaillard(e) qu’il faudra que ça bouillasse à un moment ou un autre, pour que la farine joue son rôle de densification, mais ça peut se faire après l’ajout de la terre.

Tu pèses la terre, tu peux mettre le sulfate avec et tu incorpores. J’ai oublié de te dire qu’il faut touiller tout le temps depuis le début. Si tu n’as pas eu l’idée c’est trop tard ! Tu continues sur un feu moyen pour ne pas faire de dégâts, et tu mélanges tout cela avec énergie, en chantant pour te donner du courage. 

Quand ça va s’approcher de l’ébullition, tu vas sentir que ça devient plus dur, c’est l’effet maïzena, c’est normal. Par contre je te conseille fortement de mettre une protection avec un journal ou autre comme sur la photo qui suit (tout en touillant). Les « bloup bloup » de l’eau des pâtes, c’est une chose, avec de la terre d’ocre, les « bloup bloup » au plafond peuvent être plus ennuyeux. Enfin bon, il y en a qui ont fait fortune (comme M. Pollock …) mais si vous êtes en location, pas certain qu’au moment de l’état des lieux ce soit considéré comme une reprise artistique …

J’en profite pour préciser (encore trop tard peut être ?) que la terre d’ocre se lave bien, mais elle tâche … Donc chère petite bourgeoise, ce n’est pas le moment de mettre le petit chemisier blanc vaporeux qu’on voit le soutien-gorge en dentelle à travers qui sert à voir Monsieur faire le kangourou dans la salle de séjour ! Vous ferez la gazelle et le kangourou une autre fois ! Et pour Monsieur pareil, le maillot de son club préféré, payé une blinde, il vaut mieux le mettre une autre fois. Là c’est atelier peinture ! 

Donc on touille et on laisse bouillonner très légèrement quelques minutes. On ajoute l’huile de lin, et il faut à nouveau mélanger énergiquement, toujours sur le feu moyen, car l’huile se met au dessus comme on le voit sur la photo suivante. Il faut donc que l’huile s’incorpore !

Quelques bouillons, on retire du feu et on ajoute le trait de savon. Et hop, on laisse refroidir tout ça !

Je résume :
– on mélange 250 ml d’eau avec 175 grammes de farine à froid
– on chauffe lentement en ajoutant 1,75 litre d’eau
– quand ça bout presque on ajoute 500 gr de terre d’ocre et 50 gr de sulfate de fer
– on melange sans arret, on monte à ébullition qq minutes en se protegeant
– on ajoute 250 ml d’huile de lin en melangeant, avec encore qq minutes d’ébullition
– on ajoute le trait de savon liquide et on laisse refroidir
– on peint (oui au fait …)

Tout se lave à l’eau, bien sur !  Et la peinture est intérieur et extérieur, pour le bois, et dure 5 ans.

Je vous ajoute le lien vers le site qui m’a initié, ils ont d’autres pages bien cools. Enjoy !!!

 

Philippe

One thought on “La peinture naturelle dite « suédoise » : la recette est ici !

  1. buty 18 mars 2018 at 21 h 00 min

    Bravo Philippe ta recette vaut tous les plats de grands chefs, avec un beau verbe en plus !

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